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Là-haut, le temps cherche à ronger La tendre pierre où gît un rêve. Du troubadour, tel un berger Sur son rocher qui veille et rêve, La stèle est là sur sa colline, Non loin des pins qu’un souffle incline Quand la cigale est revenue. Provence hellène à l'air léger, Longtemps Charloun chanta ce rêve En son pays sans oranger. Pâtre paissant la Grèce en rêve, Modeste aède en pèlerine, En langue d’oc coulait divine L’Oudissèio si méconnue. Troupeau de chèvres passager Qu’un jeune dieu conduit en rêve ! Sous l’olivier vont s’ombrager Le vin si frais, l’homme qui rêve Et dont la tête dodeline Comme au soleil qui l’illumine Mûrit la grappe si charnue. Jadis, rien ne pouvait changer Et les saisons tissaient un rêve. Temps pour semer, pour vendanger, Temps de l’amour, du chant, du rêve, Musique au loin qui tambourine, Danse au vieux mas, fête taurine... Tant d'allégresse contenue! Mais ce pays est mensonger A ses yeux d’ombre où passe un rêve, Quand tout se vend à l'Etranger Et que son chant n’est plus qu’un rêve. Ô doux terroir de l'origine, Chemin crayeux, sombre ravine, S’envole au loin l'âme ingénue ! Un soir d’hiver dans un verger, Seul, vers ce mas il monte et rêve. Le ciel sans bruit a dû neiger Et jamais plus, pas même en rêve, Ne fleurira son aubépine. Son destin glisse et se termine Au bas d'une marche inconnue. Flocons, pétales d’aubépine, Couvrent sa nuit qui se termine Au sein glacé de l'Inconnue.
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| Rêve de Charloun |
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