Comme l’aube renaissons,
Surgissons
De l’amas confus des songes,
Tels s'envolent les oiseaux
Sur les eaux,
Qu’éblouissent leurs mensonges.
En offrande à chaque aurore
Qui colore
Le sommet des monts neigeux,
Au grand vent issu des cimes
Nos abîmes
S'évaporent nuageux.
S’alanguit sur nous l’emprise
De la brise,
Dont nous ceint la chaste odeur.
Enlaçons l’onde dorée
A l’orée
Du matin en sa candeur.
Survolons cette colline
Qui incline
L’olivier le plus souvent,
Le cyprès parmi la vigne,
Souple signe
Infléchi, vivace au vent.
Dans la paix des chèvrefeuilles,
Sous les feuilles,
Tout renaît à la splendeur.
La mésange est une trille
Qui gaspille,
Ô soleil, sa folle ardeur !
En l’obscur de nos replis,
Accomplis
La merveille d'un miracle,
Si ton souffle messager
Peut changer
En délices son oracle !
Sois l’Esprit sur notre argile
Si fragile.
Que s'insuffle en un éclair
L'indicible enchanteresse,
Notre vie en son ivresse
D'être chair!