Je chevauche la vague et la houle m’enlève,
D’embruns glacés battu, aux lueurs des falots,
Par l’onde qui s’arrache et dégorge ses flots
Sur le roc affronté au fracas de la grève.
Anfractuosités, infiniment, sans trêve,
Divisées et brisées, éclatées en sanglots,
Sont, noyées en la brume où pleurent les îlots,
Pleines de telles voix que le vacarme achève,
De telles plaintes d’ombre et de tant de regrets -
Où sont toutes mes joies, étincelants secrets
Dans l’iode des mers, parmi les algues vives?-
Que râle, épave sourde aux affres du ressac,
Et s’effare, impuissante au fil de ses dérives,
Sur l'océan abrupt ma coque mise à sac.