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A propos...
    
 

Le fleuve roule là sa masse où je ne puis

Qu’inexorablement me fondre et m’oublier,

Comme en tes flancs profonds dont j’ai sondé le puits

Si doux, si doucement, lentement déplié,

Par l’onde qui te fait enrouler tes anneaux

Et tenir, ô serpent replié sur soi-même,

Et tenir, ô  rumeur si pleine de toi-même,

Nos deux corps emmêlés d’où coulent nos ruisseaux.

Dis-moi, douce, dis-moi, faut-il que nos fontaines

De tant d’amour ne soit qu’une sueur lointaine

Et qui si vite sèche à la pleine lumière ?

Où plonge ma racine en ta nuit incertaine

Je ne sais qu’une absence à venir, et le vide

Sondé par nos regards au fond de l’âme, avide

Après tant de bonheur d’en saisir la matière.

  
Désir
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