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Le fleuve roule là sa masse où je ne puis
Qu’inexorablement me fondre et m’oublier,
Comme en tes flancs profonds dont j’ai sondé le puits
Si doux, si doucement, lentement déplié,
Par l’onde qui te fait enrouler tes anneaux
Et tenir, ô serpent replié sur soi-même,
Et tenir, ô rumeur si pleine de toi-même,
Nos deux corps emmêlés d’où coulent nos ruisseaux.
Dis-moi, douce, dis-moi, faut-il que nos fontaines
De tant d’amour ne soit qu’une sueur lointaine
Et qui si vite sèche à la pleine lumière ?
Où plonge ma racine en ta nuit incertaine
Je ne sais qu’une absence à venir, et le vide
Sondé par nos regards au fond de l’âme, avide
Après tant de bonheur d’en saisir la matière. |