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A propos...
 

 

 

Quand sur les monts rôde l'aube ,

Aux creux ombreux des parois

La nuit qui meurt se dérobe.

De ces sommets, autrefois,

Brutale fut la puissance,

Eruptive la naissance.

En un moment pétrifié,

Leur monument qui perdure

S’affirme aux vents qu’il endure,

Au soleil sans fin défié.

 

Mais cependant que s’érige

Leur suffisance au soleil,

Tu n’es déjà qu’un vestige,

Toi, le vivant sans pareil.

Même la roche s'écoule

En dune ronde qui roule

A l’extrême du rivage,

Jusqu’au froid de ce miroir,

Mer, mer aux rides du soir,

Où s’abîme ton visage.

 

Insoucieux quand se ronge

Ta chair vive au plus profond,

Tu dissipes comme un songe

Chaque jour le temps qui fond.

Quand parfois il se dessille,

Que son monde enfin vacille,

Ton regard inchangé

Dans la glace aveugle et close

A toi, si vivace, oppose

Le portrait d’un étranger.

 

L'incrédule enfin contemple

Le ravage insidieux,

Sable du temps sur ce temple

Où il fut l’égal des dieux.

Les ivresses, les souffrances,

Pleurs, rires fous, espérances,

Ont gravé ce masque dur.

Peu à peu l’océan monte,

Couvre d’écume sa honte

Et l'entraîne au flot obscur.

 

 

Surmonte la lente lame,

Apaise ton clapotis

Qui te fit ces chants de l’âme

Dans le silence engloutis.

Puisque ton corps se délite

Et touche enfin sa limite

Où lointains sont les orages,

Que fulgure ton orgueil 

Quand  la houle sur l’écueil

Parachève tes naufrages !

 

Dorian G.
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