A peine ai-je enlacé la brune océanide
Que la vague en efface un à un les contours.
Sur ce sable qui fuit sous nos pas, sans recours,
N’avons-nous que rêvé notre délire humide?
Dans nos antres profonds le temps glacé dévide
En cendre inassouvie oh! d'ardentes amours,
Mais n’allons devenir, quand sont éteints nos jours,
Deux momies au rebut ricanant dans le vide.
Aimons, aériens, nos êtres sublimés,
Volutes de nos corps par le feu consumés,
Ultime fusion au creuset qui brasille.
Que s’unissent enfin, à tout jamais captifs,
Dans un pur diamant nos atomes furtifs,
En un unique coeur, éternel, qui scintille.