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A propos...

 

              

 

 

Ce fut le temps de bienveillance,

Mon olivier d’éternité,

Les dieux n’étaient que prévenance

Dans la splendeur du bel été.

Rien ne mentait sous la lumière

Et dans la paix de la clairière

Tu fus le chant de la rivière

Qui murmurait mon avenir.

Oubli du monde, oubli des brumes,

Tu fis l'espace où nous vécûmes,

Où nous mêlâmes nos écumes

Au gai ruisseau du souvenir.

 

Fraîche source ombreuse,

Candide oasis,

Babillait sous l'yeuse

Et rêvait heureuse

En mes bras jadis.

Quelle connivence,

Comme un divin don,

Combla de silence

Toute l'âme intense

Pleine d'abandon?

 

Ce fut le temps miraculeux

De nos plaisirs en florilège,

Et de l'anneau si fabuleux

Agit sur  nous le sortilège.

En l’invisible enfin fondus

Et l'un à l'autre confondus,

Comme en un rêve, au loin perdus,

Nous habitions la nébuleuse.

Mais la fontaine au chant subtil

N'a plus bercé ce tendre exil.

S'en est allée en doux babil

L'ingrate et froide voyageuse.

 

Sente vagabonde

N’a plus d’horizon.

Mon aube inféconde,

Pâle moribonde,

N’a plus sa foison.

Au seuil de ma nuit,

Vers un crépuscule

Où rampe l’ennui,

Ma colombe a fui

L’ombre tentacule.

 

  

Viendra  l’instant de déshérence

Pour l'olivier d'herbe envahi,

Au tronc noueux sans espérance

Où fut gravé un cœur trahi.

Qui songera que sous l’écorce

Secrètement le temps s’efforce,

Et qu’au berceau de branche torse

Sèche le nid de mes amours?

Sur l’immobile sans visage,

L’indifférence d'un nuage

Semblable à ceux où naît l'orage

Glisse légère au fil des jours.

 

Sur le sol natal

Où le temps le scelle,

Un tronc ancestral

Se glace au mistral.

Pour la tourterelle

Dont la gorge bat,

La racine avide

De mon coeur aride

Mène au sein du vide

L'ultime combat.

 

  

 
L'olivier
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