Frôle, lisse et calme miroir,
Le ciel dans sa nasse liquide
Qui lentement flotte sans voir
Sous la turquoise si limpide
L’amas des lourdes profondeurs.
Que l’indolente barque approche
Le flanc marbré, dans les odeurs
Des rocs glissants que l’algue accroche.
« Frôle l’étrange morte en son pâle sindon,
Sans front enseveli que l’étoffe suggère,
Eparse, écartelée, et close messagère
Dont les courbes sinuent sur le mol édredon. »
Vois, la falaise en sa blancheur
Et son attente d’ingénue,
Quand vient de mer une fraîcheur
Sur cette pierre tendre et nue.
S'offre au soleil la déité
Dans la candeur d’une statue
Et la naïve volupté
De cette roche dévêtue.
« Vois, la tranquille chair si lourde d’abandon,
Cette offrande au regard à l’amour étrangère
Malgré l’île lascive à la rose légère,
Malgré la toison noire et la blancheur du don. »
Sois goéland ! Vois comme il plane
Sur ce buisson compact et dru,
Et comme il est, qui le profane,
D’une caresse parcouru.
Suis la paroi en sa rupture
Qui se prolonge au flot glacé,
Mais donne au vent son ouverture
Vers un secret sans fin bercé.
« Suis l’humide fissure où secrète palpite
Une vivante vulve en maternelle invite,
Où chaque repli s’ouvre en fleur d’illusion. »
Suis le chenal enténébré
Le long des visqueuses murailles,
Au fond de ce vase sacré
Dans le mystère des entrailles.
Ne sois qu’attente dans le noir
En un profond, pieux silence,