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Je m’éveille, éternel rêveur, enfant d’Orphée,
Et je sens frissonner, chasseresse intrépide,
La Nymphe qui s'égare en mon fleuve limpide
Et farouche s'émeut au murmure d'Alphée.
Ne prends peur à ma voix, d’amour apostrophée,
Si je surgis des eaux en chasseur impavide,
Si, nue, échevelée, à mon désir avide
Tu fuis dans les roseaux, adorable trophée !
Par quel prodige es-tu changée, au loin fluide,
En fontaine courant sur cette terre aride
Qui se meurt sinueuse au sein de son nymphée ?
Mais je mêle mon flot à ton onde perfide,
Et poursuis à jamais en un songe vivide
Cette métamorphose au sommeil de Morphée.
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