|
J’ai dressé cet autel pour des rites profanes,
Et sous ta nudité qu’un soir doré confond
Palpite, ô ma sibylle, un oracle profond
Que j'écoute, inquiet, sur tes seins diaphanes.
Je veille sur ta nuit, j’en sonde les arcanes,
Et je sens sous mes doigts ton corps qui s’ouvre et fond,
Temple glacé déjà où l'âme se morfond,
S'évapore et se mêle aux senteurs océanes.
Puis, dans le lit brumeux qu’effleure un souffle fin ,
Fuit l’impalpable leurre effacé à la fin,
Ton ombre évanescente au couchant qui l’empourpre.
Puis l'infini se change en grimoire étoilé,
Et tu n'es plus au ciel de tristesse voilé
Qu'un étrange sourire en sa pulpe de pourpre. |