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A propos...
                                                                  

 

 

 

Si je respire avec lenteur,

Diffuse en l'air en sa langueur,

L'âme qui sort de l'aubépine,

Voici  que parle au vent du soir

Une voix  frêle à m’émouvoir

Lorsque s'endort notre colline.

 

Je ne sais si la femme-enfant

De tant d'ivresse se défend,

Mais seule en soi se balbutie

Tous les tumultes de son corps.

Quand reviendront les doux accords

Qu’elle vécut, l’âme transie?

 

A l’heure même où tout s'absout

En ma fontaine et se dissout,

Glisse la nuit, la voyageuse,

D'insectes clairs respendissant

Dans l’inconnu, sans fin naissant

A tant de noms, ô Bételgeuse !

 

Ciel constellé que l’œil effeuille

En un silence au bruit de feuille

Dans l'ombre enfante harmonieux,

Fidèlement à mon image,

L’épaisse paix de ce mirage

Si loin que vont perdus mes yeux.

 

Ce n’est pour moi que vaine errance

Tandis que brille l'espérance

Aux lointains proches mais profonds.

Ce monde entier que j’élabore,

N'est-il en moi que métaphore

Et le miroir de mon tréfonds?

 

 

 

Il m’a fallu ceindre Saturne

De glace où gît le taciturne.

Dans ce désert, brille l’idée

Qu’en purs anneaux la vie confuse

Enroule en moi qui me refuse

La nue ainsi élucidée.

 

En cette nuit de ma naissance,

Si lumineuse est l'ignorance

Dans un oubli de tout enjeu.

Je clos les yeux, je suis le monde,

Temps aboli, grâce féconde,

Puisque la vie n'est plus qu'un jeu.

 

Mais cependant que je consume

En mon secret mon amertume,

A l’infini, mystérieux

Sont les désastres d'une étoile,

Scintillement qui les dévoile

Dans leur fracas silencieux.

 

Voici l’éclair qui scinde à vif

La sainte soie de ce silence.

Vibre la chair, fragile esquif,

Que l’âme toute en vigilance

Sous le reflux sempiternel

Pressent béante à l’éternel.

 

Quand tous les songes font le soir,

Quelle puissance a pu surseoir,

Astres muets si lents aux cieux,

A la spirale de ma chute,

Vertigineuse et vaine lutte

Au terme échu où sont les dieux ?

Nocturne
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