|
J’écoute à
la nuit plaintive
Un oiseau qui prend ta
voix.
Il se
glisse, aile
furtive…
Je
l’attends, c’est toujours toi.
Dans le noir, par la
fenêtre
S’insinuent des songes
fous.
Tu me viens, et tout mon
être
Se dispose
au rendez-vous.
Cependant si je
m’allonge,
Si je flotte et me
délie,
Sur mon lit ton
ombre plonge
A l’instant
où je t’oublie.
Ton désir pesant
m’oppresse...
Quel besoin as-tu de
moi,
Invisible
chasseresse
Insensible à
mon émoi ?
En tes bras mon corps
frissonne.
Es-tu ange ou bien
démon ?
Dans mon âme où rien ne
sonne
Tu me tais
jusqu’à ton nom.
Je me perds en ton
silence
Où se love un serpent
noir.
Tu seras sans
indulgence,
Je n’aurai
aucun espoir.
Le vent meurt au bout du rêve,
J’ai cessé de me
mentir.
A
l’obscur où tout s’achève
Ma chair nue
doit consentir.
Je serai, puisque se
pose
Sur mon cœur ton cœur
glacé,
Eternelle bouche
close,
Ton amant désenlacé.
|