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Vers toi... vers l'île nue où cessent les
clameurs
Du monde... si je vais, emportant mon
silence,
Sur la mer, sur l’amour, sur l’onde qui
balance,
Haute houle à mes pieds, ma barque sans
rameurs,
L’âme envahie d’abîme, et pleine des
rumeurs
Que voue aux vents divins l’humide
nonchalance,
Si je fends l’océan où l’étrave
s’élance,
Où se brisent aux rocs les murmures
charmeurs,
Et si, au souffle aimé, s’enfle en un fol
effort,
Blanche, hissée d’ahan, la voile jusqu’au
port,
Que j’affale, épuisée, comblée d’amère
écume,
Alors, la
vague aveugle, à l’instant du sommeil,
Dans nos corps, sur le sable
où le temps se consume,
D'un même
élan se meurt puis
jaillit au soleil.
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