Où sont les élans
De ses goélands
Envolés si
loin du gouffre ?
Là-bas
menacé
Un soleil
glacé
S'est
éteint, couleur de soufre.
C’est
toujours la nuit,
Toute chose
fuit
Vers la mer
vivante et sombre.
Lentement le
flot
Qui
monte
l’enclôt,
Lentement
surgit de l’ombre.
Où est l’île
bienheureuse
A la belle
rive ombreuse ?
Il est
incertain,
Ce pays
lointain
Où se perd
sa faible trace,
Mais son œil
encore
Eperdu
explore
Tout ce que
la houle efface.
Les mornes
confins
S'étendent
sans fin
Envahis
de solitude,
Et les vents
muets
Chassent ces
nuées
Où dormait
sa finitude.
Où est l’île
bienheureuse
A la belle
rive ombreuse ?
Son âme
s’inonde,
Ténébreuse
est l’onde
Jusqu’à
l’horizon confus.
Pour fuir le
destin
Est-il un
chemin
Qui ne soit
sous l’eau, diffus ?
Dans ces
limbes vagues
Parcourus de
vagues
Sans amour
qui lui
réponde,
Est-ce ainsi
que meurt
Comme une
rumeur
Sa présence
au cœur du monde ?
Mais il est
sur l’île heureuse
A la belle
rive ombreuse,
A genoux, cette ombre en
pleurs...