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J’ai dressé
cet autel pour des rites profanes,
Et sous tes formes nues qu’un soir doré
confond
Palpite un monde obscur, mystérieux,
profond,
Que je baise, inquiet, sur tes seins
diaphanes.
Je veille sur ta nuit, j’en sonde les
arcanes,
Et je sens sous mes doigts ta chair qui s’ouvre et
fond,
Ton corps qui se dénude et jusqu’en son
tréfonds
Dissipe lentement, un à un, ses
organes.
Puis, dans le lit brumeux qu’un souffle fin
effleure,
Fluide entre mes mains fuit l’impalpable
leurre,
Ton ombre évanouie au couchant qui
s’empourpre.
Mais seul, épanoui dans le ciel sans
mémoire,
Persiste, évanescent sur ce jaune
grimoire,
L'éclat de
ton sourire en sa pulpe de
pourpre.
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