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J’ai rêvé ce
pays à la douceur enclose,
Au calme cotonneux sous un soleil
diffus,
Où la vie s’assoupit, puis se
métamorphose
En longs reflets bleutés sur des amas
confus,
Quand, sous la frêle chute issue d’un haut
mystère,
Chaque arbre s’abolit au don blême et
profus.
N’est-ce qu’un paysage ? En quel repli se
terre
Ce toit qui s’engourdit de blancheur et de
paix,
Expirant vers les cieux sa fumée
solitaire ?
Quel espace profond, dans un silence
épais,
Tissu de transparence et de jaune
lumière,
Diffuse un monde étrange où l’âme se
complaît ?
Il efface sans
fin la réelle chaumière,
Les prairies et les champs, les bois
abandonnés,
Et des signes humains la preuve
coutumière :
Les hameaux à voix basse au loin
pelotonnés,
Dans le fleuve saisie la barque
voyageuse,
Et des chasseurs enfuis les pas
désordonnés.
Hélas ! N’ai-je rêvé que la sente
neigeuse,
Les blancs cristaux crissant, les traces
passagères
Qu’imprime, en son matin, l’enfance
nuageuse ?
Mais les oiseaux épars, leur danse si
légère,
Le trébuchet perfide, et le fil vers
l’affût
Où se cache, à jamais, comme une ombre
étrangère,
Ne sont-ils
souvenirs de l’enfant que je fus ?
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