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La bruine chuchote
et souille de suie
Des pins assoupis
la compacte écorce.
Spacieux
glissement des yeux enfuis
Du feuillage
épais aux frissons de torse
Jusqu’aux
cieux clos sur l’intime espoir.
Quand
chuinte en soi la déliquescence,
Infiniment
soi aux sources du soir,
J’aspire une
manne issue du silence.
Ilot de
chair, solitude si nue,
Secrets
vivants au tumulte insensible,
J’éveille à
l’aube une lune inconnue.
Fuite et
miroir…Cette incertaine cible
Vibre en
l’orgueil d’éclatantes prémices,
Adieu lent
des nonchalants nuages
Tels, dédiés
aux déités propices,
Montant des
mers l’offrande des rivages.
Il ne sait
suffire à ce souffle immense
Qu’un ciel
par degrés de frimas se glace.
Espace pur, ta hautaine clémence
Me
cristallise en un désert sans trace.
Le corps ne
chante plus, harpe de givre,
Mais au bord
des rocs sous la blanche emprise,
Abhorre à regret un tel bois qui livre
Ses
gréements grinçants au gré des banquises.
Chaque
ramure de houle chavire
Dans
l’espace que, folle chasseresse,
Elle
fouaille et sèchement déchire.
Si, suave
murmure, une onde oppresse
Chaque folle ramure, si les cimes
Tanguent
d’hymnes durs, brusquement s’ébrouent,
Si s’enfle
et chavire sans fin d’abîmes
Sous l’âpre
mistral des forêts la proue,
Quel délire
de dons jusqu’au silence,
Temple de
soie et lumineuse place
Qu’encense
d’haleine une voix qui pense
Et comble de
mots au poli de glace!
Savoir,
miroir où mon reflet se brise,
Où je me
sais cette ombre qui murmure
Et s’écoute,
puis se perd indécise
Dans la
facile rumeur des ramures.
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Sur moi, ce dédain glacé
de vitrail
Se descelle et cède au
tiède velours.
Mon immense
puissance enfin tressaille
De
souterrains désirs, tissant toujours
Ses réseaux
secrets, sa vivante trame.
Et quel dieu
d’or tire de l’ennui
L’absente qui
fit l’obscur de mes drames,
Du désert des
jours jusqu’aux longues nuits ?
Sur les
horizons aux rumeurs d’abeilles,
A travers les
pins, muettes fumées,
Montent en
riant les blanches merveilles,
Pâle
éclatement d’hiver exhumé.
Nudités en
qui ma sève ruisselle,
Adoucis
berceaux si vibrant de trilles,
Milliers
d’oiseaux ivres de leurs ailes,
Envols au
vent vif jaillis des charmilles,
OISEAUX...A
l’aigu de leur ciel menteur,
Trop sonore
encore, empli d’échos clairs,
Je goûte
pourtant l’étrange douceur,
L’exquise
paresse éparse dans l’air.
L’avenir
aussi chante à ma tendresse
Profonde, et
le corps réconcilié
A l’âme
nouvelle, à tant de promesses
S’ouvre et
retrouve une vie oubliée.
Impatience
qu’au ciel s’accomplisse
La splendeur
aveugle où le vent chancelle
Aux crêtes
trillées qu’elle seule esquisse.
Gouffre de
pourpre, en esclave je scelle,
Sur ma cire
nue qui consent au dieu,
Un pacte de
sang. Ma moite amertume,
Sans cesse
éclose à mes confins radieux,
D’un épais
bonheur épanche l’écume.
Est-ce la fin
de mes vicissitudes?
Les yeux
absents sur une âme pierreuse,
Scellé du feu
de cette plénitude,
Sphinx accompli, je dore mon heureuse
Immortalité.
Que pur de mensonge
Sans fin
renaisse un moment si parfait,
Hors de l’ombre, sans morsure qui ronge
Ce songe
au cœur jamais, jamais
défait !
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