Provences
© 2006 ---Tous les textes du site sont protégés par copyright SGDL --- (dernier dépôt le 27 Septembre 06)
Accueil
Masques
****Poésie I**** "Rêves"
***Poésie II*** "Rumeurs"
* * * Poésie III * * * "Musiques"
* * * Poésie Iv * * * "Pour ainsi dire"
* * * Poésie V* * * "Arcanes"
* * * Poésie VI * * * "Coeur à corps"
* * * Poésie VII * * * "Nostalgie"
* * * Poésie VIII * * * "Paysages"
A propos...
 
 

        

  La bruine chuchote et souille de suie  

  Des pins assoupis la compacte écorce.

  Spacieux glissement des yeux enfuis

  Du feuillage épais aux frissons de torse

  Jusqu’aux cieux clos sur l’intime espoir.

  Quand chuinte en soi la déliquescence,

  Infiniment soi aux sources du soir,

  J’aspire une manne issue du silence.

 

  Ilot de chair, solitude si nue,

  Secrets vivants au tumulte insensible,

  J’éveille à l’aube une lune inconnue.

  Fuite et miroir…Cette incertaine cible

  Vibre en l’orgueil d’éclatantes prémices,

  Adieu lent des nonchalants nuages

  Tels, dédiés aux déités propices,

  Montant des mers l’offrande des rivages.

 

  Il ne sait suffire à ce souffle immense

  Qu’un ciel par degrés de frimas se glace.

  Espace pur, ta hautaine clémence

  Me cristallise en un désert sans trace.

  Le corps ne chante plus, harpe de givre,

  Mais au bord des rocs sous la blanche emprise,

  Abhorre à regret  un tel bois qui livre

  Ses gréements grinçants au gré des banquises.

 

  Chaque ramure de houle chavire

  Dans l’espace que, folle chasseresse,

  Elle fouaille et sèchement déchire.

  Si, suave murmure, une onde oppresse

  Chaque folle ramure,  si les cimes

  Tanguent d’hymnes durs, brusquement s’ébrouent,

  Si s’enfle et chavire sans fin d’abîmes

  Sous l’âpre mistral des forêts la proue,

 

  Quel délire de dons jusqu’au silence,

  Temple de soie et lumineuse place

  Qu’encense d’haleine une voix qui pense

  Et comble de mots au poli de glace!

  Savoir, miroir où mon reflet se brise,

  Où je me sais cette ombre qui murmure

  Et s’écoute, puis se perd indécise

  Dans la facile rumeur des ramures.

 

 

  

Sur moi, ce dédain glacé de vitrail

Se descelle et cède au tiède velours.

 Mon immense puissance enfin tressaille

 De souterrains désirs, tissant toujours

 Ses réseaux secrets, sa vivante trame.

 Et quel dieu d’or tire de l’ennui

 L’absente qui fit l’obscur de mes drames,

 Du désert des jours jusqu’aux longues nuits ?

 

 Sur les horizons aux rumeurs d’abeilles,

 A travers les pins, muettes fumées,

 Montent en riant les blanches merveilles,

 Pâle éclatement d’hiver exhumé.

 Nudités en qui ma sève ruisselle,

 Adoucis berceaux si vibrant de trilles,

 Milliers d’oiseaux ivres de leurs ailes,

 Envols au vent vif jaillis des charmilles,

 

 OISEAUX...A l’aigu de leur ciel menteur,

 Trop sonore encore, empli d’échos clairs,

 Je goûte pourtant l’étrange douceur,

 L’exquise paresse éparse dans l’air.

 L’avenir aussi chante à ma tendresse

 Profonde, et le corps réconcilié

 A l’âme nouvelle, à tant de promesses

 S’ouvre et retrouve une vie oubliée.

 

 Impatience qu’au ciel s’accomplisse

 La splendeur aveugle où le vent chancelle

 Aux crêtes trillées qu’elle seule esquisse.

 Gouffre de pourpre, en esclave je scelle,

 Sur ma cire nue qui consent au dieu,

 Un pacte de sang. Ma moite amertume,

 Sans cesse éclose à mes confins radieux,

 D’un épais bonheur épanche l’écume.

 

 Est-ce la fin de mes vicissitudes?

 Les yeux absents sur une âme pierreuse,

 Scellé du feu de cette plénitude,

 Sphinx accompli,  je dore mon heureuse

 Immortalité. Que pur de mensonge

 Sans fin renaisse un moment si parfait,

 Hors de l’ombre, sans  morsure qui ronge

 Ce songe au cœur  jamais, jamais défait !

 
 
Provences
© 2006 ---Tous les textes du site sont protégés par copyright SGDL --- (dernier dépôt le 27 Septembre 06)