Nocturne
© 2006 ---Tous les textes du site sont protégés par copyright SGDL --- (dernier dépôt le 27 Septembre 06)
Accueil
Masques
****Poésie I**** "Rêves"
***Poésie II*** "Rumeurs"
* * * Poésie III * * * "Musiques"
* * * Poésie Iv * * * "Pour ainsi dire"
* * * Poésie V* * * "Arcanes"
* * * Poésie VI * * * "Coeur à corps"
* * * Poésie VII * * * "Nostalgie"
* * * Poésie VIII * * * "Paysages"
A propos...

 

 

 

 

Si je respire l’aubépine,

Quand se distille et se diffuse

Une senteur aussi profuse,

Voici  que parle au vent du soir

Une voix  frêle à m’émouvoir

A ce vertige des collines.

 

 Je ne sais si la volubile

Enfant du jour, palme immobile,

Seule là-bas se balbutie

Tous les tumultes de son corps.

L’Absent rêvé palpite encore

Qu’elle  ignorait aimer ainsi.

 

A cette heure où s'absout l'amante

A ma fontaine qui s’absente,

Glisse la nuit, la voyageuse,

De clairs insectes bruissant

Dans l’inconnu sans fin naissant

A tant de noms, ô Bételgeuse !

 

 Douce dormeuse au sein des feuilles,

Nue constellée que l’œil effeuille,

Comme fidèle tu enfantes

Si saintement à mon image

L’épaisse paix de ces mirages

Qu’au loin je sonde, scintillante.

 

Ce n’est pour moi que vaine errance

Tandis que brillent ces présences,

Lointain profond où s’amoncelle

Le monde entier que j’élabore.

En ce miroir, ce que j’adore

Est mon reflet qui étincelle !

 

 

 

Il m’a fallu ceindre Saturne

De glace où gît le taciturne.

Dans ce désert, brille l’idée

Qu’en purs anneaux la vie confuse

Enroule en moi qui me refuse

Le ciel ainsi élucidé.

 

Si lumineuse est l'ignorance

Dans un oubli de tout enjeu!

Puisque ma vie n'est plus qu'un jeu

En cette nuit de ma naissance,

Je clos les yeux, je suis le monde,

Temps aboli, grâce féconde.

 

Mais cependant que je consume

En mon secret mes amertumes,

A l’infini, mystérieux

Sont les désastres des étoiles,

Scintillement qui les dévoile

Dans leur fracas silencieux.

 

Voici l’éclair qui scinde à vif

La sainte soie de ce silence.

Vibre la chair, fragile esquif,

Que l’âme emplie de vigilance

Sous le reflux sempiternel

Pressent béante à l’éternel.

 

Sous les astres si lents aux cieux

Quand tous les songes font le soir,

Quelle puissance a pu surseoir

A la spirale de ma chute,

Vertigineuse et vaine lutte

Au terme échu où sont les dieux ?

Nocturne
© 2006 ---Tous les textes du site sont protégés par copyright SGDL --- (dernier dépôt le 27 Septembre 06)