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Si je respire
l’aubépine,
Quand se distille et se diffuse
Une senteur aussi profuse,
Voici
que parle au vent du soir
Une voix
frêle à m’émouvoir
A ce vertige des collines.
Je ne
sais si la volubile
Enfant du jour, palme immobile,
Seule là-bas se balbutie
Tous les tumultes de son corps.
L’Absent rêvé palpite encore
Qu’elle
ignorait aimer ainsi.
A cette
heure où s'absout l'amante
A ma fontaine qui s’absente,
Glisse la nuit, la voyageuse,
De clairs insectes bruissant
Dans l’inconnu sans fin
naissant
A tant de noms, ô Bételgeuse !
Douce
dormeuse au sein des feuilles,
Nue constellée que l’œil effeuille,
Comme fidèle tu enfantes
Si saintement à mon image
L’épaisse paix de ces mirages
Qu’au loin je sonde, scintillante.
Ce n’est
pour moi que vaine errance
Tandis que brillent ces présences,
Lointain profond où s’amoncelle
Le monde entier que j’élabore.
En ce miroir, ce que j’adore
Est mon reflet qui étincelle !
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Il m’a fallu ceindre Saturne
De glace où gît le taciturne.
Dans ce désert, brille l’idée
Qu’en purs anneaux la vie confuse
Enroule en moi qui me refuse
Le ciel ainsi élucidé.
Si
lumineuse est l'ignorance
Dans un oubli de tout enjeu!
Puisque ma vie n'est plus qu'un jeu
En cette nuit de ma naissance,
Je clos les yeux, je suis le monde,
Temps aboli, grâce féconde.
Mais cependant que je consume
En mon secret mes amertumes,
A l’infini,
mystérieux
Sont les désastres des
étoiles,
Scintillement qui les
dévoile
Dans leur fracas
silencieux.
Voici l’éclair qui scinde à vif
La sainte soie de ce silence.
Vibre la chair,
fragile esquif,
Que l’âme emplie
de vigilance
Sous le reflux sempiternel
Pressent béante à l’éternel.
Sous les astres si lents aux cieux
Quand tous les songes font le soir,
Quelle puissance a pu surseoir
A la spirale de ma chute,
Vertigineuse et vaine lutte
Au terme échu où sont les dieux ? |