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Le temps me vient d’approcher
Sous le soleil un
silence.
L’immobile est
mon rocher
Où me traîne
l’indolence.
Dur désert que
n’empreint pas
La si blanche lassitude,
Etranger dont aucun
pas
N’abolit la
solitude.
Je ne puis, allant de
soi
Quand palpite l’envie
pure,
Plus palper la
douce soie
Que déchire
la rupture.
De quel dieu la torche
vive
Où se perdit ma
fumée ?
Le vent lève sur
ma rive
Les moments
tôt
consumés.
Vaine au vent une voix
sonne
Pour un songe qui se meurt,
De ces lointains dont
personne
N’entend
même la rumeur.
Vague au loin la voix qui
sonne
N’est du vent que la
rumeur,
Un songe vain, mais
personne
Ne peut
faire qu’il ne meure.
D’une vie autre et la
même
J’écoute le bruit
confus
Se changer en
un poème
De l’énigme
que je fus.
Patiente une racine
Nourrit l’absence
oubliée
Dans une ombre où je
devine
Mes fantômes
repliés.
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Etranges images mortes…
Quel profond
surgissement
Des vies mêlées que je
porte…
Je ne suis
qu’un seul moment.
Je demeure
impérissable
Ce que lèche
l’océan.
Rien n’est
ruine sous le sable
Qui
n’échappe à son néant.
Ma durée d’ailes
bourdonne
Si dans l’extrême épaisseur
Des fourrés nus qu’elle donne
Fond la paix
de sa douceur.
La nuit fauve entre les
cils
Révèle la profondeur
De l’abîme sous les
îles
A la bouche
qu’il affleure.
Calme, calme la
recluse
Trop agile à
s’émouvoir,
Clos son regard
qui méduse
Tout le ciel en un
miroir.
Ne sois plus que
transparence
Face au
monde souverain.
Dissipe en sereine
errance
Le temps
fluide que tu crains.
Mais sache sous la
lumière
A
n’écouter que sa voix
Retrouver l’heure
première
Qui le fut à
chaque fois.
Inlassables les
cigales
S’assèchent
sous les cyprès.
A
jamais mon chant s’égale Au chant murmuré
si près. |