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J’attends, j’attends toujours au bord
de ton murmure,
Si lointaine et profonde à ma rive
venue,
Sans savoir la raison de ma douce
torture
Qui me fait au soleil te créer
toute nue,
Toute d’amour pour moi, par moi
écartelée,
Ouverte aux vents du large, à
l’amour révélée.
Sous ton regard d’abîme, entre mes
bras berceurs,
Je te délivre en mots où s’émeut
ta rumeur.
Ose, ivre et follement, les gestes désirés,
Dis-moi tous tes démons en
plaintes expirés...
Tu n’es plus qu’une source et de
toi je ruisselle,
Et je te bois vivante en ma bouche
qui scelle
Ta bouche inépuisable où, de tant
de caprices
De ton reptile doux, me lient tous les
délices...
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