Dorian G.
© 2006 ---Tous les textes du site sont protégés par copyright SGDL --- (dernier dépôt le 27 Septembre 06)
Accueil
Masques
****Poésie I**** "Rêves"
***Poésie II*** "Rumeurs"
* * * Poésie III * * * "Musiques"
* * * Poésie Iv * * * "Pour ainsi dire"
* * * Poésie V* * * "Arcanes"
* * * Poésie VI * * * "Coeur à corps"
* * * Poésie VII * * * "Nostalgie"
* * * Poésie VIII * * * "Paysages"
A propos...
 

 

 

Quand sur les monts rôde l'aube ,

Aux creux ombreux des parois

La nuit tapie se dérobe.

De ces sommets, autrefois,

Brutale fut la puissance

D'une éruptive naissance

En un moment pétrifiée.

Leur majesté qui perdure

S’affirme, aux vents qu’elle endure,

Comme un rêve réifié.

 

Mais cependant que s’érige

Leur suffisance au soleil,

Tu n’es déjà qu’un vestige,

Toi, le vivant sans pareil.

Même la roche s'écoule

En dune ronde qui roule

A l’extrême du rivage,

Jusqu’au froid de ce miroir,

Mer, mer aux rides du soir,

Où s’abîme ton visage.

 

Insoucieux quand se ronge

Ta chair vive au plus profond,

Tu dissipes comme un songe

Les instants que tu confonds.

Quand parfois il se dessille,

Que son monde enfin vacille,

Ton regard inchangé

Dans la glace aveugle et close

A toi, si vivace, oppose

Le portrait d’un étranger.

 

Incrédule tu contemples

Le ravage insidieux,

Sable du temps sur ce temple

Dont tu fus l’étrange dieu.

Les ivresses, les souffrances,

Pleurs, rires fous, espérances,

Ont fondu tes traits en masque.

Mais enfin  l’océan monte

Et submerge cette honte

Sous la vague si fantasque.

 

Surmonte la lente lame,

Apaise ton clapotis

Qui te fit ces chants de l’âme

Dans le silence engloutis.

Puisque ton corps se délite

Et touche enfin sa limite

Où lointains sont les orages,

Que fulgure ton orgueil 

Quand  la houle sur l’écueil

Parachève ton naufrage !

 

Dorian G.
© 2006 ---Tous les textes du site sont protégés par copyright SGDL --- (dernier dépôt le 27 Septembre 06)