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Quand sur les
monts rôde l'aube ,
Aux creux ombreux
des parois
La nuit
tapie se dérobe.
De ces
sommets, autrefois,
Brutale fut
la puissance
D'une éruptive
naissance
En un moment
pétrifiée.
Leur majesté
qui perdure
S’affirme,
aux vents qu’elle endure,
Comme un
rêve réifié.
Mais
cependant que s’érige
Leur
suffisance au soleil,
Tu n’es déjà
qu’un vestige,
Toi, le
vivant sans pareil.
Même la
roche s'écoule
En dune
ronde qui roule
A l’extrême
du rivage,
Jusqu’au
froid de ce miroir,
Mer, mer aux
rides du soir,
Où s’abîme
ton visage.
Insoucieux quand se ronge
Ta chair
vive au plus profond,
Tu dissipes
comme un songe
Les instants
que tu confonds.
Quand parfois
il se dessille,
Que son
monde enfin vacille,
Ton regard
inchangé
Dans la
glace aveugle et close
A toi, si
vivace, oppose
Le portrait
d’un étranger.
Incrédule tu
contemples
Le ravage
insidieux,
Sable du
temps sur ce temple
Dont tu fus
l’étrange dieu.
Les
ivresses, les souffrances,
Pleurs,
rires fous, espérances,
Ont fondu
tes traits en masque.
Mais enfin
l’océan
monte
Et submerge
cette honte
Sous la
vague si fantasque.
Surmonte la
lente lame,
Apaise ton
clapotis
Qui te fit
ces chants de l’âme
Dans le silence
engloutis.
Puisque ton
corps se délite
Et touche
enfin sa limite
Où lointains
sont les orages,
Que fulgure
ton orgueil
Quand la houle sur
l’écueil
Parachève ton naufrage !
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