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Ô ma profondeur
Le vent brut embrase
Toutes tes ardeurs
Au creuset des phrases.
Jaillis de tes dunes,
Dissous les rancunes,
Qu’au fond des lagunes
S’en oublie la vase.
Sans
magie aucune
Conjurons le sort.
Soyons un à
une,
Cédons à l’essor.
Ô ma profondeur,
Je suis le sondeur
Du gouffre menteur
Si
plus rien n’en sort.
Mais la source sourd
Comme une démence.
Je suis l’écho sourd
De ta violence.
Ruines et décombres,
Comme lourde est l’ombre
Où je nais et sombre,
Ô ma
véhémence !
Puis le vent s’endort
Et tu t’enténèbres.
Puis la barque au port
Comme nous célèbre
La dernière vague.
Puis ton cours divague
Et mon regard vague
En
tes yeux
ténèbres.
Si sur mes vertèbres
S’écoule et s’enfuit
Un frisson funèbre
Annonçant minuit,
Finis ta dormance,
Mûris ma semence
Au sein du silence
Où
règne ta nuit.
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