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D’où
ruisselait ta douceur,
Matin de
lumière ?
Simple, sous le vent
berceur,
La rose trémière
Elancée dans le
futur
Fleurissait au pied du
mur,
Et créait d’un geste
pur
La vie coutumière.
Mais dans les rues, aucun
bruit
De voix familières,
Ni rires clairs quand
s’enfuit
L’essaim
d’écolières,
Ni les ailes dans les
cimes,
Ni leur envol unanime
Dans un azur où
s’imprime
Leur trace
légère.
Non, rien qu’un grondement
lourd
Comme un noir orage
Que propageait l’écho
sourd
D’un combat
sauvage.
Car en ce printemps
précoce,
Nous mourions de mort
atroce
Sous les coups les plus féroces
Et sous les
outrages.
Ils
avaient brisé l'aurore,
Refermé le
piège,
Resserré pour nous
enclore
L’étau de leur
siège.
Et depuis comme des
ombres
Nous errions dans les
décombres
En lents cheminements
sombres,
En mornes
cortèges.
Mais j’aperçus l’enfant
rêveur,
Couché au sol, plein de
langueur,
Les joues si pâles,
Si esseulé dans sa
détresse,
Frôlant son front, lente
caresse,
De ses
doigts sales.
Je vis au bord du
caniveau
La jambe nue crevant
la peau
Sous les haillons,
Gisant muet au bruit des
bombes
Comme se meurt une
colombe
Dans un
sillon.
Je le vis frêle et
décharné,
Les yeux mi-clos,
désincarné,
Tête si
blonde !
Sans une plainte et sans un
pleur,
Comme étranger à son
malheur,
Absent au
monde.
Ils t’ont conduit sur ce
trottoir
Comme l’on mène à
l’abattoir
Les
innocents.
Pour t’infliger ce long
supplice
Ils ont trouvé tant de
complices
Indifférents.
Pauvre petit, pauvre
squelette,
Ils ont détruit à
l’aveuglette
Ta jeune vie,
Ton corps si doux et ton
sourire,
Tes mots d’amour, l’éclat d’un
rire
Inassouvi.
Qu’as-tu gardé sous ta
paupière
Comme l’on garde une
lumière
Pendant la
nuit ?
Le mot venait du fond de
l’âme,
Visage aimé que l’on
réclame
Quand
tout s’enfuit.
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