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Ton œil noir me
fixe,
Et, las de
descendre,
Du sein de ta
cendre
Tu renais,
phénix !
Ô Soleil, mon
tendre
Eveil
d’allégresse
A mes confins
sombres !
Sur l’azur sans
cesse
S’insinue mon ombre.
Printemps, de
douceur
Feuille à feuille
éclose,
Senteur d’une
rose,
Ce regard
berceur,
Quand son âme
n’ose
La belle
promesse
De plaisirs sans nombre.
Sur le sol sans
cesse
S’insinue mon
ombre.
Eté, ô
splendeur
Couleur
d’outremer,
Rumeur de la
mer,
Marines
odeurs.
L’algue sur
l’amer
Ondoie et
caresse,
Et jamais ne sombre.
Sur le flot sans
cesse
S’insinue mon ombre.
Automne
effeuillé
Alourdi de
fruits
Qui tombent sans
bruit
De l’arbre
endeuillé.
Lente pluie de
nuit
Mouille de
tristesse
Cette terre
d’ombre. (*)
Sur l’herbe sans
cesse
S’insinue mon ombre.
Hiver, ciel qui
gèle
La neige en
secret.
Le froid par
degrés
Scelle à la margelle
L’eau de mes
regrets.
Du jour qui
régresse,
Je crains les
décombres.
Sur les murs sans
cesse
S’insinue mon ombre.
Son œil noir me
fixe…
Que ne suis-je
pour
Renaître en un
jour,
L’éternel
phénix !
Revivre un
amour,
Nos deux corps en
liesse
Dans une pénombre.
Sur l’espoir sans
cesse
S’insinue mon ombre.
*
désigne une couleur ( cf. terre de
Sienne) |