Narines élargies aux naseaux
d’une bête,
Les yeux exorbités que la
douleur hébète
Comme pleureuse aux
funérailles,
Tu te tords inhumaine au
masque d’épouvante,
Cependant que jaillit par ta
bouche béante
Le hurlement
de tes entrailles.
Je ne sais quel combat, quel
soudain cataclysme,
Quel désastre effrayant, quel
aveugle séisme,
Te fait errer
éperdument.
Je ne sais si sont morts tes
enfants ou ton frère,
Si c’est ton jeune époux qui
gît dans la poussière,
Que tu
appelles vainement.
Mais l’impassible au tronc
massif,
Sombre fauve absolu aux
pesants testicules,
Brise l’amour, brise,
lascif,
Celle qui
pleure et gesticule.
Les obscures nuées dans une
nuit sans
fond
Comme en un puits
profond
Se font et
se défont.
Dans le ciel, se dessine un
immense visage,
Comme selon les vents
s’amassent les nuages
En archipel
tumultueux.
Ce qu’il voit de lumière à
travers les barreaux
Ne fait qu’étinceler la hache
des bourreaux
Sur le
rebelle impétueux.
Ainsi meurt le courage à la fin
du massacre.
Un cheval peut hennir, et dans
la fumée âcre,
Darder sa révolte et sa
haine,
Des mâchoires d’acier broyer
sans un remords
Au milieu des gravats, les
vivants et les morts,
Et toi, si
belle, ô mon humaine…
Mais l’inflexible au front
massif,
Puissant monstre d’orgueil,
sans regard et sans rêve,
Brise l’assaut, brise,
agressif,
Au bout du
bras l’éclair du glaive.
Les obscures nuées dans une
nuit sans
fond
Comme en un puits
profond
Se font et se
défont.