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Le pâle soleil
Dissipe un
sommeil
De givre.
Je rêve
d’ailleurs,
D’un pays
meilleur
Où
vivre.
Ma fuite est
légère
Dans la ville où
j’erre
Et longe
Une place
nue
Où je t’ai
connue
En
songe.
Le pont des
Soupirs
Combla nos désirs
D’un soir,
Et les
mandolines
Egrenaient
câlines
L’espoir.
Dans l’ombre les
vasques
Reflétaient les masques
Secrets,
Comme ton visage
Au miroir sans
âge
Se
crée.
Aujourd’hui
Venise
Dans l’eau
agonise
D’ennui,
Funèbre
gondole,
Vaine
barcarolle
Enfuie.
Le palais en
ruines
Se ronge à la
bruine
D’hiver,
Le temps le
menace
Comme font tenaces
Les
vers.
Malgré l’envie
folle
D’une vie
frivole
La nuit,
Ai-je l’âme
prête
A
quitter la fête
Sans
bruit ?
Oh ! Je peux
m’enfuir,
Si m’ont pu
séduire
Ses cieux,
Vers ce monde
antique
Où vivent,
mythiques,
Les
dieux.
Voyageur
futile,
M’en irai-je aux
îles
Hellènes,
Aux roches
torrides,
Sur l’onde sans
rides
D’Hélène ?
Si la voile
aurique,
Sous le vent
magique
D’Homère,
Dans l’azur des
dômes
S’enfle au bout des
bômes
En
mer,
Mon âme est
sereine
Au chant des
sirènes
Perverses,
Murmurant tout
bas
De fuir en leurs
bras
D’eau perse.
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