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Je sais,
indolent passager
Quand la felouque au vent
s’incline,
Quel fleuve en crue noie
l’oranger
D’un limon noir, terre
divine.
Mais je ne sais
son origine
Ni quel sommet fit ce
géant,
Porteur de vie qu’il
achemine
Des
sources bleues vers l'océan.
Si de l'amont sourd le
danger,
Sur le chemin que l'on
devine
Mystérieux et
mensonger
Où chaque pas nous
prédestine,
Est-ce
mon ombre qui piétine
Dans les marais au sol
gluant,
Et qui s’égare et qui s’obstine
Des
sources bleues vers l'océan?
Plus loin, si haut qu’il peut
neiger
Sur d’autres monts, d’autres
ravines,
Suis-je vraiment cet
étranger
Penché sur l'onde qui
fascine?
Comme elle fuit, la belle
ondine,
De lac en lac vers son
néant!
Coule de moi,
eau sibylline,
Des
sources bleues vers l'océan.
Sphinx, au matin que
j'imagine
Chantant sous l'or du dieu
béant,
Est-ce en ton rêve où je
chemine
Des sources bleues vers
l'océan ?
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