Ecce homo?
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A propos...

 

 

 

 

Quel vent de la rive océane

Les amène aux confins de la haute savane?

Peints, revêtus de peaux et de plumes bizarres,

Ils n’ont plus de visage et leur regard est fou,

Puisqu'en sachet autour du cou

Danse une drogue de barbares.

 

Cependant que tu vas sur le chemin poudreux

D’un pas léger, noire sylphide,

L’air est si doux, ton cœur limpide,

Et ton enfant grandit au fond de toi, heureux.

 

Mais ils sont là, sombres, terribles,

Avides d’infliger des souffrances horribles,

Des sévices affreux, des actes inhumains

Aux femmes affolées, aux fillettes nubiles,

Aux garçonnets à l’air gracile,

Proies apeurées entre leurs mains.

 

 « Toutes ces paumes nues contre l’inévitable,

   Ces regards qui supplient, ces sursauts d’animal

Au fond du piège,

Tous ces corps dénudés distordus sous le mal,

Dans le silence épais ces cris épouvantables

Que rien n’abrège,

Tous ces yeux agrandis sur qui l’azur se clôt,

La tendresse des chairs que profane l’immonde

Et l’innommable,

Et vers le dieu muet, absent à notre monde,

La prière éperdue échappée en sanglots

Insoutenables. »

 

Quand finit ton supplice à tant d'autres pareil,

Ton jeune sang s’est épanché,

Ta main contient ton sein tranché,

Et ton fœtus, hors de son nid, gît au soleil.

 

Sous l’arbre immense en parasol,

Quand l’ombre des vautours effleure au loin le sol

Dans la brousse assoupie, un lionceau candide

Déchire sans répit, de son museau sanglant,

Le ventre ouvert et pantelant

D’une gazelle au corps splendide.

 

Fauve accroupi, regard insondable de nuit,

Un grand félin alangui veille,

Mais aucun songe en lui n’éveille

Sa puissance repue de carnage et d’ennui.

 

 

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