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Libre après sa
déhiscence
La
semence,
Rêve ailé qu’attend
l’humus,
Sous le chêne où elle
aspire
Germera si tout conspire
Au
fœtus.
Innombrables sont les
grains
Souterrains,
Mais fertile est leur
sommeil
Dans l’attente du
mystère
Qui les dresse hors de la
terre
Au
soleil.
Si le temps déploie de
l’ombre
Sans
encombre,
Dans le bois sacré des
dieux,
Leur essor léger qui
sonne
Murmurant comme à
Dodone
Vers
les cieux,
Souffle alors le vent sans
voix
D’autrefois,
A travers l’ample
feuillage
Dont l’effort à fuir en
vain
Me révèle en bruit
divin
Son
saccage.
Forêt
magique au bruissement de feuille,
Frêle haleine en allée,
J’écoute en moi ce que la brise
cueille
En l’espace
exhalé.
Quand, à regret, les lourdes
frondaisons
Remuées de rumeurs
Meuvent dans l’air, comme fuient les saisons,
De
grondantes clameurs,
De mon corps nu parcouru de
frissons
Sort une voix
fluette,
Ainsi qu’en rêve où s’étranglent les
sons
Dans la
gorge muette.
Car chaque fois que ma bouche profère
Cependant que
j’exulte,
La prophétie qui échappe
indiffère
Au milieu du
tumulte.
Seul se divulgue un murmure ignoré
De rires et de
larmes,
Céleste chant dans l’âpre
logorrhée
Où se
perdent ses charmes.
Tous ces désirs, ces soupirs, ces
sanglots
Que le cœur ne peut
taire,
Vont au néant comme au milieu des
flots
La vague
solitaire.
Forêt tragique en longs
gémissements
Bruissant de mots
étranges,
Cris dans la nuit, confus
bourdonnements,
Inaudibles
mélanges…
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