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Hymne insensé, immense dans les airs,
L'écoutez-vous s'il vous pénètre
l'âme,
Ramage obscur qu'étouffe le
désert,
Que nul écho nulle part ne
proclame?
La dune l'abolit, et de son froid
dédain
L’accable de silence un tombeau
souverain.
Le Sphinx aveugle et sourd, amas d’énigmes
tues,
Ne frémit qu’au soleil effleurant ses
statues.
Paroles desséchées, sur
le sable blanchies
Où fut une
rivière,
Aucun espoir qu’elles soient
affranchies
De leur sommeil de
pierre.
Le long du lit qu’elle a
rêvé
S’est asséchée la crue des
songes.
Sur le galet longtemps
lavé
Elle a poli tous les
mensonges.
« S’évapore avant la
nuit
L’eau, furtive
ciseleuse...
Sur un peuple de
roches
Apparition des
stigmates
Révélation des
oracles
Effleurement des
doigts
Effacement des
signes
Ephémères
Illisibles… »
Mais vivent
immortelles
Dans la tombe
accomplies
En noir granit les
stèles
Jadis ensevelies.
Âmes gravées, secrets
d’antan,
Obscurs hiéroglyphes,
Minuscules
griffes
Sur la sécheresse du
temps.
« Aube
nouvelle…
Le message se tait, la main
l’ayant quitté.
Le marteau sonnait clair à la
lumière du matin.
C’était le même
monde.
Bavarde fut la pierre à chaque
aurore
Muette maintenant que
poussière
En l’absence du vent
sculpteur
Ensablement de
l’indicible… »
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