J’étends ma solitude, étrange vigilance,
Et cette aveugle main que l’angoisse conduit.
Quelle voix en sanglots se lamente la nuit
De telle déchirure au sein de ce silence ?
Est-ce bien moi ce songe et sa sombre opulence ?
D’une vaine douleur qui me ronge sans bruit,
En sa niche sinue un frisson qui me fuit,
Invisible reptile, ô perfide indolence !
Oui ! Fuyante chimère et mirage éperdu
Que ce souffle de vie en ce corps étendu,
Baigné de tant de pleurs et seul en son mystère.
Quand rêve au fond de moi l'infini constellé,
Au seuil du noir néant, dans l'ombre délétère,
S'ouvre une porte obscure à l'être descellé.