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Ils ont surgi, nuée frivole
De passereaux,
Esquive au vent en plongée folle
Vers mes appeaux.
Au frôlement de leur passage,
Vibrants accords,
Comme en écho à leur ramage
S'émeut mon corps.
Sais-je pourquoi celui-là fuit
La multitude,
L'aile rebelle au pâle ennui
De l'habitude?
Si je le suis sur son chemin
Des plus fantasques,
Rompant le fil de son destin
En vives frasques,
Je puis croiser le vol sinistre,
Présage affreux ,
Grinçant la nuit d’un bruit de sistre
Si ténébreux.
Mais rien ne sert que j'élucubre
Au triste soir
Quelque avenir aussi lugubre
Et sans espoir.
Puisque l'amour est aux colombes
Le nid profond,
J'affronterai les lourdes trombes
Du noir typhon.
J'échapperai au vautour fauve
Que j’ai suivi.
Mon aile aura l’essor qui sauve
Si je survis.
Et je saurai, quand l'aigle brave
L’éblouissant,
Ce que son œil terrible et grave
Au fond ressent.
Je rejoindrai ton altitude,
Puissant condor,
Quand se déploie en solitude
L'aile où tu dors.
Je serai là en ton sommeil
Et j’entendrai
Ce chant des cimes au soleil
Et l’écrirai.
J’aurai du dieu la joie superbe
Si je ravis
Le feu du ciel qui se fait verbe
Et me ravit.
Et puisque enfin l'âme s'enchante
Ainsi choisie,
Tu seras celle qui me hante,
Ô poésie!
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