De cette amante nue, en mon sommeil m'oppresse
L'impérieux désir dont meurt ma réticence.
Si proche est son visage en une sombre absence,
Si avide la bouche où se perd ma tendresse.
Et ma chute attendue en cette nuit épaisse
Vers la forme muette et son impatience,
En un doux glissement qui se fond au silence
Accomplit peu à peu l’étonnante promesse.
Mais voici que docile au caprice naissant
M’attire au plus profond du piège caressant
L’ombre, l’ombre obstinée en son vague mensonge.
Sur le point de céder à ce vertige noir,
Quelle force inconnue à la fin rompt ce songe,
Mon fidèle reflet au perfide miroir?