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Recel ombreux, vivant trésor,
Où naît parfois le chant subtil
De l’écheveau de mon silence,
Comme s’enroule un mince fil
En sa volute d’indolence,
Voluptueux et frêle essor.
J’entends l’aubade à sa naissance,
Et de ma nuit mélancolique
S’éveille enfin le dieu qui dort,
Dans la magie d’une musique,
Dans le triomphe sur la mort,
Dans le délire d'une transe.
Si je frémis, veilleur obscur,
Au violon que j'ensorcelle,
D’où vient cet air dont je ruisselle,
Ma mélodie en clair-obscur?
Mais je ne sais par quel miracle
Jaillit la source de l'oracle.
Sublime accord qu'un instinct sûr
Sans fin compose à mon insu,
Etrange don de l'ombre issu.
Et l'archet vole, irrésistible
Aile d'amour, d'un indicible
Elan vers toi, ô mon futur !
Qu'en ce beau songe où je m'éveille
Eperdument docile aux charmes,
Croisse l'ivresse jusqu'aux larmes,
Sans que jamais puisse finir
Au fond de l'âme en devenir
L’envoûtement de la merveille!
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