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Souviens-toi de ce vallon
Où vole l'abeille,
Où bourdonne un lourd frelon
Sur la fleur vermeille.
Entends-tu les tambourins
S’éloigner par les chemins
Qu'embaument les romarins
Au pays des treilles ?
Souviens-toi des tamaris
Que le vent éveille,
Et ces mauves muscaris
Sous l’ombre qui veille.
Songe aux pins en parasol,
La torride odeur du sol
Quand tournoie un tournesol
Au pays des treilles.
Souviens-toi qu’un troubadour
A jamais sommeille
Murmurant un chant d’amour
De l’âme à l’oreille.
Songe aussi comme s’envole
Si gaiement la farandole
Quand l’été brûlant somnole
Au pays des treilles.
Souviens-toi du Vaccarès
Lorsque s'ensoleille,
Dans le thym et les kermès,
L'ombre de Mireille.
Songe aux Maries de la Mer,
Songe au temps qui laisse amer,
Songe, songe à notre hier
Au pays des treilles.
Bien-aimée, au fil des jours
Songe à ces merveilles,
La douceur de nos amours
Au pays des treilles.
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