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A propos...

             
 

 

 

Le temps me vient d’approcher

Sous le soleil un silence.

L’immobile est  mon rocher

Où me traîne l’indolence.

 

Dur désert  que n’empreint pas

La si blanche lassitude, 

Etranger dont aucun pas

N’abolit la solitude.

                                      

Vaine au vent une voix sonne 

Pour un songe qui se meurt, 

De ces lointains dont personne

N’entend même la rumeur.

 

Vague au loin la voix qui sonne 

N’est du vent que la rumeur,

Un songe vain si personne

Ne comprend ce bruit qui meurt.

 

De quel dieu la torche vive

Où se perdit  ma fumée ?

Le vent lève sur  ma rive

Cette vie tôt  consumée.

 

Mais du temps qui surgit, blême,

J’écoute les pas confus

Se changer  en un poème

De l’énigme que je fus.

 

Patiente une racine

Nourrit les morts oubliés

Dans une ombre où je devine

Mes fantômes repliés.

 

Ô l'étrange image morte!

Quel profond surgissement

Des vies mêlées que je porte…

Je ne suis qu’un seul moment.

 

Car je reste impérissable

Ce que lèche l’océan.

Rien  n’est ruine sous le sable

Qui n’échappe à son néant.

 

Ma durée d’ailes bourdonne

Si dans l’extrême épaisseur

Des fourrés nus qu’elle donne

Fond la paix de sa douceur.

 

Enivrée elle déploie

Quand palpite l’envie pure

Sous ma main la douce soie

D’une fauve chevelure.

 

Son œil noir entre les cils

Révèle le doux leurre,

Son abîme en ses périls

A la bouche qu’il affleure.

 

Calme, calme la recluse

Trop agile à s’émouvoir,

Clos son  regard qui méduse

Tout le ciel en un  miroir.

 

Ne sois plus que transparence

Face aux mondes souverains.

Dissipe en sereine errance

Le temps fluide que tu crains.

 

Mais sache sous la lumière

A n’écouter que sa voix

Retrouver l’heure première

Qui le fut à chaque fois.

 

Inlassable la cigale

S’assèche sous le cyprès

En un chant que rien n'égale,

Qui murmure ici, tout près.

 

 

 
 
 
 
 
 
 
Voix
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